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Le PER pas à pas : déduction, gestion, déblocage et sortie

Le PER pas à pas : déduction, gestion, déblocage et sortie

Déduire ses versements de son revenu imposable : c'est ce que permet le plan d'épargne retraite (PER), jusqu'à un plafond annuel, et aucun autre produit d'épargne ne le fait. En contrepartie, l'épargne retraite reste bloquée jusqu'au départ à la retraite, sauf déblocage anticipé, et la sortie en capital ou en rente supporte l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux. PER individuel, PER d'entreprise collectif ou contrat obligatoire du salarié : le plan d'épargne suit les mêmes règles. Voici sa fiscalité en 2026, de l'ouverture à la liquidation.

Le plan d'épargne retraite résumé

  • Produit d'assurance ou compte-titres, en gestion pilotée ou libre : il remplace le PERP, le Perco et le contrat Madelin, et reçoit aussi intéressement, participation, prime et cotisation de l'entreprise.
  • Versements volontaires sur le PER individuel déductibles du revenu imposable jusqu'à 10 % des revenus professionnels (37 680 € au plus en 2026, 4 710 € au moins).
  • Depuis 2026, un versement fait passé 70 ans n'est plus déductible.
  • Épargne retraite bloquée jusqu'au départ, sauf sept cas de déblocage anticipé, dont la résidence principale.
  • Sortie en capital, en rente ou mixte : impôt au barème sur les versements défiscalisés, prélèvement forfaitaire au taux de 31,4 % sur les gains.

Comment fonctionne le plan d'épargne retraite ?

Le plan d'épargne retraite est un produit d'épargne de long terme créé par la loi Pacte et commercialisé depuis le 1er octobre 2019. Il remplace progressivement les anciens contrats de retraite supplémentaire : le PERP, le contrat Madelin des travailleurs non salariés, le Perco des entreprises et les contrats dits « article 83 ». Ces produits ne sont plus ouverts aux nouvelles adhésions, mais l'épargne déjà constituée peut être transférée vers un PER.

Le fonctionnement du PER tient en une phrase : pendant la vie active, l'épargnant alimente son plan par des apports volontaires, des sommes issues de l'épargne salariale ou des cotisations obligatoires versées par l'entreprise ; l'épargne est investie sur des supports financiers ; au départ à la retraite, l'encours constitué est récupéré sous forme de capital, de rente ou des deux. Entre ces deux moments, l'argent est en principe indisponible.

Le PER peut prendre deux formes juridiques. Le PER assurantiel est un contrat d'assurance de groupe, souscrit auprès d'un assureur, qui fonctionne comme une assurance vie dédiée à la retraite (fonds en euros et unités de compte). Le PER bancaire est un compte-titres ouvert auprès d'une banque ou d'une société de gestion, investi en parts de fonds. La forme compte surtout en cas de décès du titulaire, comme on le verra plus bas.

Quel que soit son type, chaque plan est organisé en trois compartiments selon l'origine de l'argent. Cette séparation est essentielle, car elle conditionne la fiscalité et les modalités de récupération de chaque euro épargné. Pour situer le PER parmi les autres outils de long terme, les étapes d'une stratégie pour compléter sa pension de retraite donnent la vue d'ensemble.

Compartiment Origine des sommes Sortie possible
1. Versements volontaires Versements libres ou programmés du titulaire, déduits ou non du revenu imposable Capital, rente ou les deux
2. Épargne salariale Intéressement, participation, abondement de l'employeur, jours de repos non pris Capital, rente ou les deux
3. Versements obligatoires Cotisations obligatoires du salarié et de l'employeur (PER d'entreprise obligatoire) Rente uniquement

Quels sont les types de PER disponibles ?

Il existe trois types de plan d'épargne retraite. Ils obéissent au même socle de règles, mais ne s'ouvrent pas de la même manière et ne sont pas alimentés par les mêmes acteurs.

Le PER individuel

Le PER individuel est souscrit directement par un particulier auprès d'un assureur, d'une banque ou d'un courtier. Il est ouvert à tout majeur, quelle que soit sa situation professionnelle : salarié, indépendant, fonctionnaire, demandeur d'emploi, inactif. Il est alimenté par des dépôts libres, ponctuels ou programmés, sans montant minimum légal (chaque contrat fixe le sien). C'est le produit qui a succédé au PERP et au contrat Madelin, et c'est lui que l'on désigne le plus souvent quand on parle de « PER » sans autre précision.

Le PER d'entreprise collectif

Le PER d'entreprise collectif, parfois appelé Pereco, est mis en place de manière facultative par l'employeur. Il doit être ouvert à tous les salariés, éventuellement sous une condition d'ancienneté de trois mois au plus. Le salarié y place son intéressement, sa participation, des dépôts personnels et des jours de repos non pris ; l'entreprise peut ajouter un abondement. Il prend le relais du Perco. Pour savoir s'il vaut mieux encaisser sa prime ou la placer sur ce plan, il faut comparer l'impôt évité sur la prime et la durée de blocage.

Le PER d'entreprise obligatoire

Le PER d'entreprise obligatoire, ou Pero, est réservé à une ou plusieurs catégories objectives de salariés désignées par l'employeur, par exemple les cadres. L'adhésion est imposée aux salariés concernés et il est financé par des cotisations obligatoires de l'employeur et, selon les cas, du salarié. Il remplace les contrats « article 83 ». Les salariés peuvent y effectuer en plus des apports personnels, qui suivent alors les règles du compartiment 1.

Un même épargnant peut détenir plusieurs PER à la fois : un plan individuel ouvert à titre personnel, un plan collectif chez son employeur actuel, des plans laissés chez d'anciens employeurs. La limite, elle, est globale : il ne se multiplie pas avec le nombre de contrats.

Qui peut souscrire un PER et comment ouvrir un plan d'épargne retraite ?

Tout adulte peut souscrire un PER individuel, sans condition de revenu ni d'activité. Un enfant mineur ne peut pas en être titulaire. Un retraité peut aussi en souscrire un, ce qui a un intérêt limité depuis que les versements après 70 ans ne sont plus déductibles.

La procédure d'ouverture d'un PER individuel suit quelques étapes simples :

  1. Comparer les offres : coûts sur versement, de gestion annuels et d'arbitrage, nombre et qualité des supports, forme assurantielle ou bancaire, options de rente proposées.
  2. Remplir le questionnaire de connaissance et d'objectifs que le distributeur doit faire compléter, qui détermine le profil de risque et la grille de gestion pilotée adaptée.
  3. Choisir le mode de gestion : gestion pilotée (le choix par défaut) ou gestion libre.
  4. Désigner, pour un PER assurantiel, les bénéficiaires en cas de décès.
  5. Effectuer le premier dépôt et, le cas échéant, programmer des apports réguliers.

L'ouverture d'un PER d'entreprise ne demande aucune démarche à l'initiative du salarié pour le plan obligatoire ; pour le plan collectif, l'adhésion passe par l'espace personnel du teneur de compte choisi par l'employeur. Le salarié reçoit chaque année un relevé de situation qui détaille son épargne par compartiment.

Avant de bloquer de l'argent sur un PER, il faut s'assurer d'avoir constitué une réserve accessible : un plan de retraite n'est pas un fonds d'urgence. Une épargne de précaution calibrée sur quelques mois de dépenses reste le préalable.

Quels sont les avantages fiscaux du PER ?

L'avantage fiscal principal du PER est la déduction des sommes versées du revenu imposable. Concrètement, le montant placé est retranché du revenu net global déclaré, ce qui réduit l'impôt dû à hauteur du taux marginal d'imposition (la tranche marginale, ou TMI) du foyer. Plus la TMI est élevée, plus l'économie d'impôt est forte.

Prenons l'exemple, déjà classique, d'un contribuable imposé dans la tranche à 30 % qui verse 6 000 € sur son PER individuel : son revenu imposable baisse de 6 000 € et son impôt de 1 800 €. Le même versement fait par un contribuable dans la tranche à 11 % ne lui rapporte que 660 € d'économie ; dans la tranche à 41 %, 2 460 € ; dans la tranche à 45 %, 2 700 €. Un foyer non imposable n'en tire aucun avantage à l'entrée.

Ce gain n'est pas définitif : il s'agit d'un différé d'imposition, puisque le capital correspondant aux versements déduits sera imposé au barème à la sortie. L'opération est donc d'autant plus intéressante que la TMI pendant la vie active est supérieure à la TMI attendue à la retraite. Entre-temps, l'impôt économisé peut lui-même être placé, ce qui ajoute un effet de trésorerie sur vingt ou trente ans. La logique d'ensemble de la défiscalisation légale est développée dans notre guide de l'optimisation fiscale pour les particuliers.

Les sommes issues de l'épargne salariale (compartiment 2) ne sont pas déductibles, puisqu'ils sont déjà exonérés d'impôt sur le revenu lors de leur affectation au plan. Les cotisations obligatoires (compartiment 3) relèvent d'un régime propre de déduction sur le salaire imposable.

L'épargnant peut aussi renoncer à cet avantage, au cas par cas, au moment de chaque apport. Ce choix a du sens pour un épargnant faiblement imposé ou non imposable : il ne gagne rien sur le moment, mais l'épargne issue de ces apports sera exonérée d'impôt à la sortie, seuls les gains restant imposables.

Comment se calcule le plafond de déduction du PER ?

Le plafond de déduction des versements volontaires sur un PER est égal, pour un salarié, à 10 % des revenus professionnels de l'année précédente, nets de cotisations sociales et de frais professionnels. Ce montant est encadré par une borne haute et une borne basse, calculés à partir du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) de l'année précédente. Pour les apports de 2026, d'après service-public.gouv.fr (fiche mise à jour en juin 2026) :

  • la limite haute est de 37 680 € (10 % de huit fois le PASS de 2025) ;
  • la limite basse est de 4 710 € (10 % du PASS de 2025), retenu si 10 % des revenus donnent un montant inférieur, y compris sans revenu professionnel.

Le droit de chaque membre du foyer est individuel, mais des époux ou partenaires de Pacs soumis à une imposition commune peuvent mutualiser leurs droits : l'un peut utiliser la part non consommée de l'autre. Le montant utilisable figure chaque année sur l'avis d'impôt sur le revenu, dans la rubrique consacrée aux plafonds épargne retraite.

Le report des plafonds non utilisés

La fraction non utilisée une année n'est pas perdue. Selon la loi de finances pour 2026, les plafonds non consommés à partir de 2026 sont reportables pendant cinq ans. Les plafonds non utilisés de 2024 et 2025, eux, restent utilisables pendant trois ans, soit jusqu'en 2027 et 2028. Le report permet de concentrer un versement important lors d'un exercice de revenus élevés (prime exceptionnelle, cession d'une activité, année de forte TMI) en mobilisant les droits accumulés.

Le cas des travailleurs non salariés

Les indépendants (artisans, commerçants, professions libérales) disposent d'un plafond spécifique, plus généreux, déductible de leur bénéfice professionnel : il combine une part de 10 % et une part supplémentaire de 15 % sur la fraction du bénéfice comprise entre un et huit PASS. Ils peuvent choisir d'imputer leurs cotisations volontaires sur leur résultat professionnel ou sur leur revenu global, selon ce qui est le plus favorable. Le contrat Madelin, qui jouait ce rôle avant la loi Pacte, est fermé aux nouvelles souscriptions.

Versements au-delà de 70 ans

Depuis 2026, un titulaire de plus de 70 ans peut toujours verser sur son plan d'épargne retraite, mais ces versements ne sont plus déductibles de son revenu. Ils peuvent garder un intérêt successoral sur un PER assurantiel, sans plus aucun avantage fiscal immédiat.

Comment gérer son épargne retraite pendant la phase d'épargne ?

Deux modes de gestion coexistent sur un PER. En gestion pilotée, choix appliqué par défaut, l'assureur ou le gestionnaire fait évoluer la répartition de l'épargne selon l'horizon de départ à la retraite : quand le départ est lointain, l'épargne peut être investie sur des actifs plus risqués et potentiellement plus rémunérateurs (actions, fonds diversifiés) ; à l'approche de la retraite, la part des supports moins risqués (fonds en euros, obligations) augmente progressivement. Trois profils sont proposés : prudent, équilibré et dynamique. Le profil équilibré est retenu si le titulaire n'exprime pas de choix.

En gestion libre, l'épargnant choisit lui-même ses supports et procède aux arbitrages. Cette option convient à un épargnant qui suit les marchés et accepte d'assumer la répartition entre fonds en euros, unités de compte, ETF ou titres vifs selon ce que le contrat propose.

Le risque de perte en capital existe sur toutes les unités de compte : le PER ne garantit pas le montant épargné, sauf sur la part investie en fonds en euros d'un PER assurantiel. La sécurisation progressive de la gestion pilotée réduit ce risque à l'approche du départ, sans l'annuler.

Les frais pèsent lourd sur un horizon de vingt ou trente ans : un écart de frais de gestion annuels de 0,5 point se traduit par un écart notable de capital final. C'est le premier critère de comparaison, avant même la performance passée des fonds. Les mêmes réflexes que pour un contrat d'assurance vie bien choisi s'appliquent : frais sur versement nuls ou faibles, frais de gestion modérés, supports diversifiés.

Le choix du gestionnaire mérite un vrai conseil : un conseiller en gestion de patrimoine ou un conseiller financier aide à optimiser la date des apports en fonction de la situation fiscale du foyer. Les données de performance et de coûts figurent dans le document d'information clé de chaque support, accessible sur le site du gestionnaire. Le PER individuel, parfois appelé PERIN, se distingue également du PEE, plan d'épargne entreprise débloquable au bout de cinq ans, et des contrats de prévoyance ou de mutuelle, qui répondent à un besoin différent : la protection sociale face à la maladie ou à l'accident, pas la constitution d'un revenu complémentaire. Un même foyer peut bénéficier de plusieurs dispositifs à la fois, selon ses besoins et ses objectifs d'investissement.

Transférer un PER ou un ancien contrat

L'épargne d'un PER est transférable vers un autre PER, et les anciens contrats (PERP, Madelin, Perco, article 83) peuvent être transférés vers un PER. Le transfert doit être réalisé dans un délai maximal de deux mois (quatre mois pour certains transferts collectifs). Les frais de transfert sont plafonnés à 1 % de l'épargne si le plan a moins de cinq ans, et nuls au-delà. Le transfert ne déclenche aucune imposition : l'épargne garde sa fiscalité d'origine, compartiment par compartiment.

PER et cas particuliers : retraité, plusieurs contrats, décès du titulaire

Quelques questions reviennent souvent une fois les bases du plan d'épargne retraite comprises. Les réponses ci-dessous complètent les sections précédentes.

Un retraité peut-il encore ouvrir un PER ?

Un retraité peut ouvrir un PER individuel tant qu'il n'a pas liquidé ses droits de retraite au titre de ce plan, mais l'intérêt fiscal se réduit : ses versements restent déductibles jusqu'à 70 ans, puis ne le sont plus depuis 2026. Le déblocage peut intervenir rapidement, puisque la condition de départ à la retraite est déjà remplie.

Peut-on détenir plusieurs contrats de PER ?

Il est possible de cumuler plusieurs plans d'épargne retraite, individuels et d'entreprise. La limite de déduction des apports volontaires reste unique et s'apprécie tous contrats confondus. Les regrouper par transfert simplifie la gestion et la sortie.

Que devient le PER au décès du titulaire ?

Tout dépend de la forme du contrat. Sur un PER assurantiel, le capital est versé aux bénéficiaires désignés, avec la fiscalité de l'assurance vie : un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour un décès avant 70 ans, et un abattement global de 30 500 € sur les primes versées après 70 ans. Sur un PER bancaire, l'épargne entre dans la succession et supporte les droits de succession selon le lien de parenté. Une fois la rente liquidée, le décès du titulaire peut aussi ouvrir une réversion au conjoint si elle a été prévue au contrat.

Quand peut-on débloquer son PER avant la retraite ?

L'épargne d'un PER est en principe bloquée jusqu'à la liquidation de la pension de retraite dans un régime obligatoire, ou jusqu'à l'âge légal de départ. Un départ en retraite anticipée (carrière longue, invalidité) ouvre donc aussi la possibilité de liquider le plan. La loi prévoit cependant sept cas de déblocage anticipé, d'après service-public.gouv.fr :

  1. le décès du conjoint ou du partenaire de Pacs ;
  2. l'invalidité de deuxième ou troisième catégorie du titulaire, de ses enfants, de son conjoint ou partenaire de Pacs ;
  3. une affection grave ou un handicap d'un enfant à charge ;
  4. une situation de surendettement ;
  5. l'expiration des droits à l'assurance chômage, ou l'absence de mandat social pendant deux ans pour un ancien mandataire ;
  6. la cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire ;
  7. l'acquisition de la résidence principale.

Les six premiers cas, qualifiés d'accidents de la vie, permettent de récupérer l'épargne de tous les compartiments. La fraction correspondant aux sommes déposées échappe alors à l'impôt sur le revenu, et seuls les gains supportent les prélèvements sociaux. L'acquisition de la résidence principale est traitée différemment : il permet de débloquer les compartiments 1 et 2, mais pas les droits issus des versements obligatoires, et la fiscalité appliquée est celle d'un retrait en capital à la retraite.

Le déblocage pour un projet immobilier est une option intéressante pour un jeune actif qui a profité de la déduction pendant quelques années : l'avantage fiscal à l'entrée est acquis, et la sortie reste fiscalisée, mais l'argent sert un projet concret.

Quelles sont les options de sortie du PER à la retraite ?

Au moment du départ à la retraite, chacun choisit la manière dont il récupère son épargne. Depuis la loi Pacte, le retrait en capital est possible pour les compartiments 1 et 2, ce qui a fait l'attrait du PER face à l'ancien PERP. Trois formules s'offrent à lui :

  • Sortie en capital : versement unique ou fractionné en plusieurs retraits étalés dans le temps.
  • Sortie en rente viagère : un revenu versé chaque mois ou chaque trimestre jusqu'au décès, avec des options possibles (réversion au conjoint, annuités garanties, rente par paliers).
  • Formule mixte : une partie en capital, une partie en rente.

Les droits du compartiment 3, issus des cotisations obligatoires, ne peuvent être servis qu'en rente viagère, sauf rente de très faible montant, que l'organisme peut racheter en capital.

Le choix ne se résume pas à une question de goût. Le retrait en capital offre une grande liberté d'utilisation : remboursement d'un crédit, achat, transmission, réinvestissement sur une assurance vie ou dans un patrimoine locatif. Elle expose en revanche au risque de dépenser trop vite et, surtout, à une imposition concentrée sur un seul exercice. La rente garantit un revenu à vie, quelle que soit la longévité, mais l'épargne est définitivement aliénée : il ne revient pas aux héritiers, sauf option de réversion ou d'annuités garanties.

Pour limiter l'impact fiscal d'un retrait en capital, la stratégie la plus courante consiste à fractionner les retraits sur plusieurs années, de manière à ne pas faire basculer le foyer dans une tranche marginale supérieure. Cette décision se prépare deux à trois ans avant le départ, en estimant le revenu de retraite et la TMI qui en découle.

Quelle est la fiscalité à la sortie du PER ?

La fiscalité de sortie du plan d'épargne retraite dépend de trois éléments : le compartiment d'origine, le choix fait à l'entrée (versements déduits ou non) et la forme de la sortie (capital ou rente). Les taux ci-dessous sont ceux applicables en 2026 d'après service-public.gouv.fr ; la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a porté les prélèvements sociaux à 18,6 % sur ces gains, d'où un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 %.

Apports volontaires Sortie en capital Sortie en rente
Déduits à l'entrée Versements : impôt au barème progressif, sans prélèvements sociaux. Gains : PFU de 31,4 % (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux) Rente imposable comme une pension de retraite, avec abattement de 10 % ; prélèvements sociaux de 18,6 % sur une fraction de la rente fixée en fonction de l'âge
Non déduits à l'entrée Versements : exonérée d'impôt et de prélèvements sociaux. Gains : PFU de 31,4 % Seule une fraction de la rente est imposable, de 30 % à 70 % en fonction de l'âge au premier versement ; prélèvements sociaux de 18,6 % sur cette fraction

Pour le retrait en capital d'une épargne déduite, la fraction correspondante est ajoutée aux autres revenus du foyer et soumise au barème, sans l'abattement de 10 % réservé aux pensions. C'est là que le différé d'imposition se paie : un capital important retiré en une fois peut faire grimper la tranche marginale au moment du retrait et effacer une partie de l'avantage obtenu à l'entrée.

Pour la rente viagère issue de versements non déduits, la fraction imposable diminue avec l'âge du titulaire au moment du premier versement : 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans et 30 % à partir de 70 ans. Ce régime rend la rente fiscalement plus légère dans ce cas.

Les sommes du compartiment 2 (épargne salariale) sont exonérées d'impôt sur le revenu lors d'un retrait en capital ; seuls les gains supportent les prélèvements sociaux. Servies en rente, elles suivent le régime des rentes viagères à titre onéreux.

Le PER est-il un bon choix pour vous ? Une grille de décision

Un plan d'épargne retraite n'est pas avantageux pour tout le monde. Le critère central est la comparaison entre la TMI actuelle et la TMI probable à la retraite. Plus l'écart est grand, plus le PER est intéressant ; si la TMI est la même avant et après le départ, l'avantage se limite à l'effet de trésorerie de l'impôt différé et au rendement des supports.

Le PER convient particulièrement :

  • aux contribuables imposés à 30 %, 41 % ou 45 %, qui anticipent une baisse de revenu au départ à la retraite ;
  • aux indépendants dont la protection retraite obligatoire est plus faible et qui disposent d'un plafond de déduction plus élevé ;
  • aux salariés qui bénéficient d'un abondement de l'employeur sur leur PER collectif, un complément de rémunération qui n'a pas d'équivalent ailleurs ;
  • aux épargnants qui veulent préparer l'acquisition de leur résidence principale tout en réduisant leur impôt.

En pratique, pour un senior proche de la retraite, la valeur de rachat d'un ancien contrat et le rendement de référence du fonds garanti comptent autant que l'avantage fiscal : épargner sur un PER n'est pas la meilleure solution quand la liquidation est à moins de cinq ans et la TMI faible.

Il convient moins aux foyers non imposables ou dans la tranche à 11 %, aux épargnants qui ont besoin de garder la main sur leur argent à moyen terme, et à ceux qui n'ont pas encore de réserve de précaution. Pour eux, une assurance vie, un PEA ou un livret réglementé gardent l'avantage de la disponibilité.

Un angle souvent oublié tient à la combinaison des versements : rien n'oblige à déduire tous les apports d'une même période. Un épargnant dont la TMI varie d'un exercice à l'autre peut déduire quand l'imposition est forte, y renoncer quand elle est faible, et obtenir ainsi à la sortie un capital dont une partie sera exonérée. Cette modulation versement par versement, combinée au report des plafonds sur cinq ans, fait du PER un outil de lissage de l'impôt sur la durée d'une carrière plutôt qu'une simple niche fiscale de décembre. Elle demande seulement de conserver la trace des sommes déduites et non déduites, que le gestionnaire du plan doit de toute façon distinguer.

Le PER s'inscrit enfin dans une stratégie plus large de constitution d'un patrimoine qui produit des revenus : il n'en est qu'une brique, à côté des placements disponibles et de l'immobilier, dans l'objectif d'une indépendance financière construite pas à pas.

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